Une retraite qui tourne à la déroute

Maine-et-Loire le 18 septembre 1793

La désillusion a été cruelle. Parti de Saumur à la tête d'un important corps d'armée, Antoine-Joseph Santerre ne doutait pourtant pas du succès. Ayant engagé son avant-garde dans une étroite vallée prés de Coron, le malheureux général a vu les Blancs fondre sur lui, à partir des hauteurs où ils avaient pris position. En battant en retraite, les Bleus ont été gênés par leur propre artillerie qui avait été malencontreusement descendue sur la petite route qu'il avaient empruntée. La défaite a tourné à la déroute, car beaucoup de soldats républicains n'étaient encore jamais allés au feu. Santerre n'a dû son salut qu'à la fuite, mais le bruit a couru qu'il avait été tué. Ce qui a valu à ce général improvisé, ancien brasseur du faubourg Saint-Antoine, cette épitaphe humoristique: "Ci-Gît le général Santerre, qui n'eût de Mars que la bière."