Charlotte Corday est condamnée à mort et exécutée

Paris le 17 juillet 1793

Les cheveaux coupés court sous son bonnet blanc, les mains liées derrière de dos, Charlotte Corday est montée calme et résignée à l'échafaud. Pendant tout le trajet, elle s'est tenus debout dans la charrette à côté du bourreau Sanson, tandis qu'une pluie d'orage plaquait la longue chemise rouge contre son corps. C'est en vain que, ému par sa jeunesse, le président du tribunal révolutionnaire Montané a tenté de sauver. Les juges ont refusé de la considérer comme folle, ce qui lui aurait valu d'être enfermée à la Salpêtrière au lieu d'être condamnée à mort. Même chauveau-Lagarde, chargé de la défendre a plaidé sa cause sans conviction. Que dire d'ailleurs quand la coupable reconnait tous les faits et n'invoque aucune circonstance atténuante? En sortant de l'audience, Charlotte a simplement demandé l'autorisation de faire exécuter son portrait par un peintre amateur pour léguer un dernier souvenir à sa famille. Après l'exécution, un aide de Sanson a osé saisir sa tête par les cheveux et la souffleter devant la foule. Un cri d'horreur s'est élevé de toutes les poitrines. Ceux-la- mêmes qui, il y a quelques instants, dansaient et chantaient autour de la guillotine, ont eu l'impression d'un sacrilège. Etaitce le reflet du soleil couchant? Certains ont cru voir le beau visage de la jeune fille rougir sous l'insulte.