Cathelineau a rendu son âme à Dieu

Saint-Florent le 14 juillet 1793

"Le bon Cathelineau vient de rendre son âme à Dieu qui la lui avait donné pour venger sa gloire". C'est par ces mots que la foule anxieuse, qui s'éatit massée autour de sa maison où reposait le chef vendéen, a appris sa mort de la bouche d'un homme qui venait d'assister à son agonie. Dès le jour où Cathelineau reçut sa blessure, le 29 juin, on avait saisi la gravité de celle-ci: après lui avoir fracassé le coude, la balle était allée se loger dans sa poitrine. L'émotion de ses hommes avait été si grande qu'il leur avait été impossible de poursuivre l'attaque de Nantes. Entourant la civière où il reposait, ils s'étaient retirés vers Ancenis. De là, on avait fait franchir la Loire au blessé, pour qu'il soit soigné près des siens, à Saint-Florent. Après un léger mieux consécutif à l'extraction du projectile par un chirurgien, le "saint de l'Anjou" avait été gagné par la fièvre. Sentant sa fin venir, il avait demandé à l'abbé Cantiteau, le curé de son village, de l'entendre en conféssion, avant de rendre l'âme.