Les femmes sont congédiées des armées

Paris le 30 avril 1793

Même en danger, la patrie n'a pas besoin des demmes. Le décret voté aujourd'hui par la Convention les exclut définitivement des armées. Non seulement les épouses, légitimes ou non, des soldats sont renvoyées, mais aussi toutes les femmes qui se sont engagées en 1792. Ces dernières, est-il précisé, recevront cinq sous par lieue pour retourner chez elles. Que deviendront-elles, ces Rose Bouillon, ces Reine Chappuy, ces soeurs Fernig qui se sont vaillamment battues pour leur pays? Les députés ne s'en soucient guère. L'existence même de femmes soldats leur parait un scandale. Depuis que Carnot leur a écrit pour dénoncer " le Troupeau de femmes et de filles" qui suit les troupes, ils n'ont de cesse de disperser celui-ci. Seules toutefois les vivandières ont trouvé grâce à leur yeux.