Trahison de Dumouriez

Saint-Amand le 4 avril 1793

Le général en chef des armées française est passé à l'ennemi. Voilà plusieurs semeines que Dumouriez se répandait en propos menaçants et parlait d'allez rétablir l'ordre en France pour débarrasser le pays des "imbéciles" et des "scélérats" qui le gouvernent. Il avait même engagé des négociations secrètes avec le colonel autrichien Mack à qui il avait promis d'évacuer la Belgique sans combattre. Pendant ce temps, la Convention, exédée et inquiète, déléguait à Saint-Amand le ministre de la guerre Beurnonville et quatre commissaires, Camus, Lamarque, Quinette et Banal, avec pour mission de sommer Dumouriez de comparaitre devant elle. Les envoyés arrivèrent le 1er avril. Montrant de décret de l'Assemblée, Camus demanda à Dumouriez de le suivre. Comme celui-ci lui opposait un refus définitif, il lui signifia posément : "je vous suspends et je vous arrêt" Aussitôt, le général ordonna qu'on s'emparât des cinq émissaires et les fit livrer aux Autrichiens. Décidé à rétablir la royauté et placer à sa tête un d'Orléans, il voulut rassembler son armée et marcher sur Paris. Mais il eut beau haranguer ses troupes, celle-ci refusèrent de le suivre. Traitre, mis hors la loi par la Convention, Dumouriez s'est réfugié aujourd'hui dans le camp autrichien avec quelques fidèles, don't Valence et le duc de Chartres.