Les Enragés défient la Montagne

Paris 12 février 1793

Les Montagnards risquent d'être débordés par des révolutionnaires plus virulents qu'eux. Les agitateurs des sections parisiennes viennent en effet de poster une pétition devant la Convention. Désireux de mettre un terme à la hausse des prix et aux agissements des accapareurs ils exigent la suppression du libre commerce des grains. Avec les Fédéralistes rassemblés dans le groupe des Défenseurs réunis des 84 départements, ces militants sectionnaires forment le fer de lance des Enragés, révolutionnaires véhéments menés par Jacques Roux et Varlet qui réclament la fin des inégalités sociales. Ils attaquent bien sûr la politique modérée de la Gironde, mais ont aussi une position ambiguë vis-à-vis de la Montagne, dominée par les Jacobins. Ces derniers les avaient accueillis dans leur local de la rue Saint-Honoré en espérant contrôler la révolte populaire contre la vie chère ou, au pis, s'en servir pour déstabiliser les Girondins. Or, les Enragés s'en prennent maintenant aux Jacobins eux-mêmes, en particulier à Saint-Just qui s'est opposé à la réglementation du commerce. Leur prises de position politique suscitent bien des remous. Redoutant de se voir dépossédés de la légitimité populaire, les Montagnards sont inquiets. Quand à Marat, il hait ces "royaliste déguisés".