La Convention décide de juger le roi

Paris le 6 décembre 1792

Après plusieurs jours de débats houleux, les députés ont décidé que Louis XVI comparaîterait devant eux pour répondre des crimes don't ils l'accusent, après avoir pris connaissance des papiers de l'armoire de fer? Cependant, les élus se sont longuement affrontés sur la nécessité d'une mise en jugement. Estimant imprudent de défier, par cette procédure, les souverains d'Europe au moment où des négociations pouvaient s'engager, les Girondins qui avaient tout fait jusqu'à présent pour éviter la mise en accusation du souverain, ont bien été forcés d'admettre que son procés était devenu inévitable. Favorables à une révolution démocratique, proches des sans-culottes et de la Commune de Paris, les Montagnards réclamaient la condamnation pure et simple du prisonnier du Temple. Pour eux, ne pas reconnaitre la culpabilité du monarque déchu équivalait à désavouer la journée du 10 Août. Le 3 décembre, devant la Convention, Robespierre a repris les arguments que Saint-Just a développés le mois dernier. "Le roi n'est point un accusé. C'est-il écrié. Vous n'avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer" L'ascendant du tribun ne fut cependant pas suffisant pour entrainer la majorité à déclarer Louis traitre et criminel sans débat judiciaire. Pétion, qui s'est violemment opposé à lui, a fini par l'emporter, et la Convention l'a suivi : elle a décidé que le procès aurait lieu et s'est érigée en tribunal.