L'épreuve de force se poursuit entre la Commune et l'Assemblée législative

Paris le 10 septembre 1792

Les massacres n'empêchent nullement l'Assemblée et la Commune de se battre à couteaux tirés. Au contraire, ils avivent leur rivalité. Brissot vient d'accuser la municipalité insurrectionnelle d'être responsible des massacres et de les avoir formentés. C'est le dernier épisode en date de la lutte acharnée que se livrent les deux autorités. Dès le 2 septembre au soir, alors que la tuerie ensanglantait la capitale, Robespierre et Billaud-Varenne, siègeant au conseil général de la Commune, démonçaient nommément plusieurs Girondins de l'Assemblée, complices selon eux du duc de Brunswick, chef des armées prussiennes. Le 3, des commissaires municipaux sont allés perquisitionner chez Brissot. Le 4, la Commune poursuivait de plus belle son offensive contre les députés en lançant un mandat d'arrêt contre Roland. Le ministre de l'Intérieur se plaignait en effet du pouvoir abusif exercé par l'hôtel de ville et rappelait qu'un pouvoir révolutionnaire doit toujours être momentané pour n'être pas destructeur. Danton, ministre de la justice, a fait annuler cette mesure. Mais la bataille n'est pas terminée.