La tête de Mme de Lamballe fichée au bout d'une pique

Paris le 3 septembre 1792

"Levez-vous, madame; il faut aller à l'Abbaye" Il est huit heures du matin. Dans la prison de la Force où elle est enfermée depuis qu'on l'a séparée de la reine, Mme de Lamballe est réveillée en sursaut par deux gardes nationaux. Tremblante de peur, elle balbutie : "Prison pour prison, j'aime autant celle-ci" Mais il faut obéir. Au bas de l'escalier, elle découvre avec terreur le sinistre tribunal qui l'attend, toutes armes brandies, les mains tachées de sang. Incapable de répondre aux questions des juges, elle est entraînée dehors. On veut du moins l'obliger à prêter serment à la nation sur un amoncellement de cadavres. Comme elle s'en détourne avec horreur, les égorgeurs se jettent sur elle et la percent de coups. Dépouillé de ses vêtements, son corps. est ensuite atrocement mutilé. On lui coupe la tête et on oblige un perruquier à friser ses longs cheveux avant de la porter en triomphe jusqu'au Temple. Mais Marie-Antoinette, que le roi dissuade de paraître à la fenêtre, ne verra pas l'horrible spectacle de la tête livide de son amie brandie au bout d'une pique.