Devant les hésitations de l'Assemblée, les sectionnaires sonnent le tocsin

Paris, 9 août 1792

Il est minuit. Le roi frémit en entendant le tocsin qui résonne dans Paris et donne le signal de l'insurection. Le délai accordé aux députés par les sections parisiennes expirait ce soir. La monarchie a été perdue par l'immobilisme de l'Assemblée. Submergée par les pétitions qui exigeraient la déchéance de Louis XVI, elle a préféré choisir la politique de l'autruche plutôt que de la décréter. Le député Viennot-Vaublanc est allé jusqu'à dire que les législateurs devraient se réfugier à Rouen afin de ne plus avoir à délibérer sous la pression de la rue. Mais, ce soir, il est trop tard pour prodiguer des conseils. Le peuple des faubourgs veut abattre le roi traître à la patrie, il veut prendre sa revanche sur les modérés de l'Assemblée qui ont couvert l'année dernière la fusillade du Champs-de-Mars. Les députés ont décidé de sièger toute la nuit pendant que l'insurrection se prépare. Partout on s'arme. Au son des tambours, on charge les fusils, on aiguise les sabres et on attelle les canons. Le Comité des Fédérés entend jouer demain un rôle de premier plan. Ces soldats venus de province donneront en outre une dimension nationale à la révolte de la capitale contre la royauté. Les Fédérés marseillais sont réunis au club des Cordeliers où Danton les harangue. Au faubourg Saint-Antoine, Santerre a rassemblé des bataillons de militants sectionnaires. Ils sont tous résolus à en découdre.

le 10 août

La prise des Tuilleries après un combat de trois heures qui a fait plus d'un milliers de victimes, a virtuellement mis fin à la monarchie capétienne, vieille de huit siècles.