Les Parisiennes veulent être armées

Paris 6 mars 1792

Les bruits de guerre n'échauffent pas seulement les esprits des Parisiens. Ils font aussi vibrer le coeur des Parisiennes. Ainsi Pauline Léon, chocolatière de son état, qui s'enorgueillit de sa participation à la prise de la Bastille, s'est présentée aujourd'hui à l'Assemblée pour y remettre une pétition signée de 315 citoyennes de la société fraternelle des Minimes. Celle-ci entendant recevoir des pistolets, des sabres, des fusils même pour celles qui auront la force de les tenir, et demandent à faire l'exercice au champ de la Fédération le dimanche. "Ne croyez surtout pas, a dit Pauline aux députés, que nous voulons abandonner les soins de nos familles et de notre maison. Non, Messieurs! Nous voulons seulement nous défendre si, par la ruse de nos ennemis ou par la trahison de quelques-uns des nôtres, la victoire restait aux méchants!" Elle n'a pas convaincu les députés.