Guerre civile en Avignon

Paris 17 octobre 1791

Ce matin, on a recouvert d'une couche de chaux vive les corps disloqués des soixante et une victimes du massacre de cette nuit, empilés dans un cachot de la prison de la Glacière. Cette monstrueuse exécution colective est la réponse des plus extrémistes des patriotes avignonnais au meurtre de l'un des leurs. Hier, on pouvait lire sur tous les murs de la ville un "Avis aux bons patriotes" stigmatisant la politique antireligieuse et la corruption des administrateurs jacobins, et appelant les citoyens à l'insurrection. Le tocsin s'était mis à sonner au clocher de l'église des Cordeliers où un grand nombre de personnes s'étaient rassemblées. Pris à partie dans la rue, lescuyer, le secrétaire de la commune, a été conduit à l'église où il a été massacré par des femmes déchaînées. La vengeance ne s'est pas fait attendre. La nuit suivante, des dizaines de prisonniers, arrêtés en août lors de la prise du pouvoir par les patriotes, ont été un à un extraits de leur cellule, puis systématiquement et sauvagement abattus.