Un rapport parlementaire alarmant sur la situation en Vendée

Paris 9 octobre 1791

Le moindre incident suffirait à provoquer une guerre civile. Telle est l'inquiétante conclusion d'Armand Gensonné à son retour de Vendée, où il avait été envoyé afin d'enquêter sur les troubles, en compagnie du jurisconsulte Jean-Antoine Gauvin, dit Gallois. De leur long périple au cours duquel ils se sont attachés à interroger des interlocuteurs aussi nombreux que divers, il ne ressort qu'une immense perplexité sur la conduite à tenir. Devant ses collègues députés, Gensonné à longuement évoqué l'attachement des Vendéens à la religion traditionnelle. Selon ses dires, le décret imposant la prestation du serment a été à l'origine des troubles. Jusqu'à cette date en effet, la Révolution n'avait pas reçu mauvais accueil dans la région. Il a cependant souligné que, si la sincérité de la plupart des paysans et même de certains prêtres réfractaires était, à ses yeux, incontestable, il n'en demeurait pas moins que l'évêque insermenté et une bonne partie de son clergé avaient mené une intense propagande qui n'était pas étrangère à la genèse des incidents. Faut-il donc choisir la tolérance ou la fermeté?