Bientôt de nouveaux élus à l'Assemblée

Paris 29 août 1791

Avec plus de deux mois de retard, les Français sont appelés à élire leurs députés à l'Assemblée législative. Les assemblées primaires ont été réunies dès juin, mais la fuite du roi, puis la fusillade du Champ-de-Mars ont contraint les autorités à proroger le scrutin. Le nombre des représentants à élire est de 745, répartis par département en fonction de la population et de la contribution fiscale. Ainsi, tandis que les électeurs des hautes-Alpes, de Lozère ou des Pyrénées-Orientales n'éliront que cinq députés, ceux de l'Aisne devront en élire douze, ceux du Calvados, de la Manche ou de la Somme, treize, ceux de la Seine-et-Oise, quatorze, ceux du Rhône-et-Loire, quinze, ceux de la Seine-Inférieure, seize, et enfin les Parisiens, vingt-quatre. Le mode d'élection est censitaire et indirect.. Seul les citoyens actifs, c'est-à-dire ceux qui sont inscrits au rôle de la garde nationale, qui ont prêté le serment civique et qui paient une contribution directe correspondant à trois journées de travail, pourront participer à la désignation des électeurs, qui à leur tour, éliront les représentants de la nation et leurs suppléants. Un manque évident d'enthousiasme risque de retenir chez eux un bon tiers des électeurs.. En revanche, l'impression produite par les récents événements influencera certainement le choix de ceux qui se déplaceront. Le fait que l'Assemblée ait finalement conforté la monarchie et fait porter la responsabilité de la sanglante journée du 17 juillet aux démocrates devrait en effet jouer en faveur des candidats modérés. A Paris, Danton lui-même craint de ne pouvoir l'emporter.