Mirabeau est-il mort empoisonné?

Paris le 2 avril 1791

La douleur du peuple est immense : Mirabeau n'est plus. Le 28 mars, le tribun avait encore prononcé un discours à l'Assemblée, serrant les dents, la mort déjà peinte sur son visage. Les soir même, épuisé par son effort, il s'était alité pour ne plus se relever. Son ami le médecin Cabanis à son chevet, il a passé sa dernière nuit à délirer, les yeux obstinément tendus vers la fenêtre. Il s'est éteint ce matin à huit heures et demie, tandis que des gens silencieux attendaient devant son logement. La nouvelle de sa disparition, à l'âge de quarante-trois ans, s'est répandue comme l'éclair et sa mort, trop brutale pour être naturelle, plus encore que la suprise, a fait aussitôt naître la supicion. L'hypothèse d'un décès par empoisonnement n"a pas été écartée. Quantité de placards, affichés quelques heures plus tartd dans toute la capitale, ont même accusé nommément les frères Lameth, d'autre-dénonçaient Barnave. Pour couper court à la rumeur, l'accusateur public du premier arrondisement a ordonné une autopsie. Elle a révélé une inflammation de l'estomac et du foie mais de l'avis officiel des chirurgiens, aucune trace de poison n'a pu être décrétée. Les Parisiens n'ont même plus l'espoir de la vengeance pour apaiser leur chagrin.