Les prêtres contraints de prêter serment à la Constitution civile du clergé

Paris 27 novembre 1790

Que faire pour contraindre les ecclésiastiques à se soumettre à la Constitution civile du clergé? La solution radicale adoptée par l'Assemblée est de les obliger à prêter serment. Elle s'indignait de voir des évêques, comme celui de Nantes, protester violemment contre l'application de la Constitution civile du clergé. Hier, le député Voidel a dénoncé ces prélats qu'il qualifie de " réfractaire ", les accusant de former une ligue contre l'Etat "sous prétexte de religion". Aussi, tous les membres du clergé devront-ils, dans un délai de deux mois, jurer "d être fidèles à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout leur pouvoir la Constitution votée par l'Assemblée nationale". En cas de refus, les prêtres seront considérés comme démissionnaires. Et, s'ils persistent à exercer leur ministère, ils seront "poursuivis comme perturbateurs de l'ordre public". Car il ne faut pas oublier que les ecclésiastiques sont désormais des fonctionnaires élus et donc soumis à la volonté nationale. Ce décret risque par conséquent d'aggraver fortement un conflit qui traîne depuis plusieurs mois déjà. "Prenez-y garde, il n'est pas bon de faire des martyrs", a déclaré l'abbé Maury, farouche adversaire du décret. Le clergé est divisé. Mais pour un abbé Grégoire, partisan du serment, combien compte-t-on d'abbés Maury?