Les matelots de Brest se mutinent

Paris le 17 septembre1790

Dix mois après Toulon, le port de Brest est en pleine effervescence. Sur les vaisseaux, les équipages du Patriote et du Léopard se sont retournés contre leurs officiers. A terre, les passions sont tout aussi exacerbées, et la potence dressée par la foule devant la demeure du major général, M de Marigny, témoigne d'un climat quasi insurrectionnel. La rébellion est partout. Soigneusement attisée par les orateurs de la Société des amis de la Constitution, la défiance envers les officiers est devenue générale. Et il aura suffi au club révolutionnaire de prendre fait et cause pour les Suisses condamnés aux galères dans la triste affaire de Nancy, pour que tout bascule dans le désordre. Désormais, aux yeux des soldats, les officiers sont des administrateurs peu scrupuleux des caisses des régiments. Depuis que le sang a coulé entre soldats et cadres militaires, il n'y a plus d'armée. Après l'abolition de la noblesse héréditaire, cette vague de mutineries va encore grossir les rangs de l'émigration. Le problème de la reconstitution des cadres se pose de toute urgence.