La répression frappe les Suisses de Châteauvieux

Nancy le 31 août 1790

Le marquis de Bouillé, cousin de La Fayette, a bien mérité de l'Assemblée nationale. Plus de 300 morts en témoignent : le régiment des Suisses de Châteauvieux a été maté, conformément à ses voeux. Dès le 16 août, informée de la confiscation de la solde régimentaire par les soldats de la garnison de Nancy, l'Assemblée décidait de rétablir la discipline. Huit jour plus tard, le marquis de Malseigne était à pied d'oeuvre. Bien que chargé officiellement de régler le différent entre les officiers et la troupe, le marquis s'aliénait rapidement toute possibilité d'entente avec les soldats. Les mutins refusèrent de quitter la ville selon ses ordres. Les gardes nationales du département, appelées à l'aide pour la circonstance, firent cause commune avec les soldats et prirent même Malseigne en otage. La Constituante dépêcha alors le marquis de Bouillé, qui se mit aussitôt en route, pour régler fermement le problème. Refusant de traiter avec les mutins, il fit savoir ses conditions: lise en liberté immédiate du marquis Malseigne et des officiers détenus; sortie des régiments de Nancy. Mais une dernière condition allait se révéler dissuasive : chacun des régiments était sommé de désigner un certain nombre de soldats destinés a être pendus pour l'exemple. Deux régiments se rendirent. Seuls restaient sur la place de Grève de la ville les Suisses, qui refusèrent de se soumettre à un tel prix. C'est là que "l'affaire de Nancy" a trouvé son sanglant dénouement : un coup de feu, tiré on ne sait de quel côté, a déclenché le massacre. Dans cette affaire, il semble bien que la volonté répressive des cadres militaires et politiques ait prévalu sur toute forme de négociation : 33 Suisses seront exécuté et 41 condamnés au galères