A Lyon, la contre-révolution s'organise

Lyon le 26 juillet

L'insurrection lyonnaise n'a été qu'un feu de paille. Mais la garde nationale a tout de même dû la mater dans le sang. Car, plus qu'une simple flambée de colère, cette émeute est une tentaive contre-révolutionnaire. En effet, le principal instigateur des troubles n'est autre qu'imbert-Colomés, l'ancien échevin de la ville, qui entretient des relation suivies avec les émigrés de Turin réunis autour du comte d'Artois. Ces conspirateurs n'attendent qu'une occasion pour tenter de soulever le pays contre le nouveau régime. Pourquoi avoir choisi Lyon? Peut-être parce que les ouvriers y sont plus prompts qu'ailleurs à se révolter à cause de la vie chère. Or, hier, la population lyonnaise est justement descendue dans la rue pour détruire les barrières d'octroi où sont taxées les subsistances. La rébellion a vite pris un tour politique: la foule accusait l'Assemblée de vouloir affamer le pays. Cette alliance poctuelle du peuple de la contre-révolution inquiète beaucoup Paris.