fLa noblesse héréditaire est abolie

Paris le 19 juin 1790

L'ex-comte de Mirabeau ne décolère pas. Les journaliste l'ont affublé de son patronyme roturier, Riqueti. Car les députés viennent de décréter la suppression de la noblesse héréditaire. Les titres et les armoiries ne pourront plus être transmis de père en fils : c'est vraiment la mort des privilèges. Certains nobles ont cependant encouragé le vote de cette mesure, tel La Fayette ou le vicomte de Noailles qui s'est écrié "Ne reconnaissons d'autres distinctions que celles des vertus. Dit-on le marquis Franklin le comte Washington?" Beaucoup font cependant mine, y compris ceux qui ont applaudi à l'abolition des droits féodaux lor de la nuit du 4 Août. La mort de la noblesse n'est pourtant que la conséquence inéluctable du principe d'égalité énoncé dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Mais la fin de la société d'ordres peut aussi signifier à terme celle de la royauté. C'est ce que pense l'abbé Maury qui déclarait aujourd'hui avec vigueur: " S'il n'y a plus de noblesse, il n'y a plus de monarchie".