Massacre de patriotes à Montauban

Montauban le 10 mai 1790

Dans le Midi, la passion religieuse s'agoute aux querelles politiques et la Révolution. Après Toulouse et Nîmes, Montauban a connu à son tour la violence. Et a commu à son tour la violence. Et pour la première fois dans la région, le sang a coulé entre catholiques et protestants. Une bataille opposant aujourd'hui les gardes nationaux patriotes et protestants aux partisants catholiques de la municipalité "aristocrate", appuyés par la troupe, s'est en effet soldée par cinq morts et seize blessés. Les mesures antireligieuse de la Constituante y provoquaient depuis quelque temps de sérieux troubles. les catholiques affirmaient que ces décrets préludaient à la restitution aux protestants des églises qui leur avaient été enlevées lors de la révolution de l'édit de Nantes, en 1685 Les aristocrates parlaient d'un complot protestant et patriote orchestré par Jeanbon Saint-André pour accumuler des armes. La garde nationale montalbanaise, contre laquelle s'est formé un corps de volontaires contre-révolutionnaire, s'était fédérée, par prudence, avec celles de Cahors, de Bordeaux, ainsi qu'avec certaines légions toulousaines. Ces derniers jour, les heurts s'étaient multipliés, faisant craindre le pire. Ce soir, alors que cinquante-cinq patriotes ont été emprisonnés, de nombreux protestants, inquiets de leur sort, commencent à quitter la ville, Les gardes nationales fédérées, appelées à l'aide, arriveront-elle assez tôt pour éviter que ne se produise à Montauban une nouvelle Saint-Barthélémy?