LOUIS XVI Roi de France dit Capet

 

 Roi de France (Versailles le 23 août 1754 - Paris le 21 janvier 1793)

Roi de France (1774 - 1791) puis roi des Français 1791-1792,. Fils de dauphin Louis et Marie-Joséphe de Saxe, époux (1770) de Marie-Antoinette d'Autriche, il en a quatre enfants, dont Madame Royale (1778) et le second Dauphin (1785), dit Louis XVII;

Prisonnier de la Commune insurrectionnelle (10 Août 1792) , enfermé au Temple et accusé de trahison, il est jugé par la Convention condamner à mort et guillotiné le 21 Janvier 1793.

 

Procès et mort de Louis XVI

 Procès. 1792-15-10 Pierre Bourbotte, député de l'Yonne, réclame le 1er la mise en jugement de Louis XVI et demande sa mort et celle " des prisonniers du Temple ". -16-11 Jean Mailhe, député de Hte-Garonne, est désigné par le " comité de législation " pour présenter un rapport sur la procédure à suivre. -3-12 Robespierre déclare : " Vous n'avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer... Louis doit mourir, parce qu'il faut que la patrie vive... ". -6-12 sur proposition de Marat, la Convention vote sans débats que tous les scrutins du procès auront lieu par appel nominal et à voix haute. -11-12 ouverture du procès ; acte d'accusation préparé par Lindet ; Louis XVI prend comme avocats François Tronchet (1726-1806), Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (1721-guillotiné le 22-4-1794) et Romain de Sèze (1748-1828). -26-12 Louis XVI appelé à la barre. 1793-17-1 Louis XVI est condamné à mort : 3 questions ont été posées [le 15-1 : Louis Capet, ci-devant roi des Français, est-il coupable de conspiration contre la liberté publique, et d'attentats contre la sûreté de l'État ? Sur 749 conventionnels dont 721 présents : 692 oui, 29 abstentions avec motivations ; Le jugement sera-t-il soumis à la ratification du peuple réuni dans les assemblées primaires ? 720 présents : 287 oui, 424 non, 9 abstentions ; le 16-1 : Quelle peine sera infligée à Louis Capet ? (Danton fait décréter que l'arrêt sera rendu à la simple majorité) 721 votants (majorité absolue : 361) : 288 votent la détention ou le bannissement, 46 la mort avec sursis, 26 la mort en demandant la discussion sur le sursis, 361 la mort immédiate] ; pour l'exécution de la peine : appel nominal : vote commencé le 17-1 à 20 h [sur 745 membres, 721 votants (1 , 6 malades, 2 absents sans cause, 11 par commission, 4 dispensés) : majorité : 361] : pour la mort 366, détention jusqu'à la fin de la guerre et bannissement après la paix 319, fers 2, mort avec clause restrictive 34 [possibilité de commutation 1, discussion sur l'époque de l'exécution (amendement Mailhe) 23, sursis jusqu'à l'expulsion des Bourbons 8, jusqu'à la paix (époque à laquelle la mort pouvait être commuée et réservant le droit d'exécution en cas d'invasion par une puissance étrangère, dans les 24 h de l'irruption) 2]. La mort a donc été votée à une majorité de 5 voix (en réalité, 12 votes pour la mort étaient nuls : Robert, député de Paris, non-Français : 4 députés non inscrits ; 4 suppléants n'ayant pas le droit de vote ; 3 députés ayant voté après s'être récusés). -18-1 nouveau décompte nominal demandé par des modérés, résultat porté au procès-verbal : votants 721, majorité absolue 361, mort sans condition 361, avec l'amendement de Mailhe 26, avec diverses modalités de sursis 44, pour d'autres peines (détention, bannissement, fers) 290. Vergniaud, ajoutant aux 361 votes inconditionnels les 26 favorables à l'amendement Mailhe, annonça 387 pour la mort. Morisson (de La Bassetière), seul député royaliste de la Vendée, ne vota pas (juger le roi est sacrilège). -19-1 nouvel appel nominal : Sera-t-il sursis à l'exécution du jugement de Louis Capet ? Vote terminé le 20-1 à 2 h du matin : sur 690 suffrages, 310 pour, 380 contre, Louis XVI écrit à la Convention pour réclamer un délai de 3 jours (afin de se préparer à la mort), et la permission de communiquer librement avec sa famille ; ce délai lui est refusé, mais il peut faire ses adieux à sa famille et se confesser à un prêtre insermenté, l'abbé Henry Edgeworth de Firmont (Edgeworth, Irlande 1745/Mitau 22-5-1807, 1796 passe en Angleterre et s'attache au Cte de Provence). A 18 h, Lepeletier de St-Fargeau (député régicide, né 29-5-1760) est assassiné par un ancien garde du roi, chez Février, restaurateur du Palais-Royal ; son corps est transporté au Panthéon.

 Exécution. -20/21-1 dans la nuit, le long du trajet que prendra Louis XVI, prennent place 12 000 hommes des sections : sur la place de la Révolution : 80 000 gardes nationaux et gendarmes et 84 pièces d'artillerie. -21-1 Louis XVI est exécuté à 10 h 22, place de la Révolution (actuellement place de la Concorde) par Henri Sanson, sur l'échafaud dressé entre la statue de Louis XV et l'avenue des Champs-Élysées : il veut parler au peuple mais les tambours de la garde nationale [commandés par Antoine-Joseph Santerre (Paris 16-3-1752/Paris 6-2-1809)] couvrent sa voix.

 Enterrement. Le cadavre est transporté à l'ancienne église de la Madeleine où 2 vicaires assermentés assurent un service funéraire. La Convention ayant refusé qu'il soit inhumé à Sens auprès de son père. Louis XVI est enterré au cimétière de la Madeleine, jeté au fond de la fosse sur un lit de chaux vive. Le cimétière (fermé) sera acheté le 25-3-1794 par Olivier Desclozeaux, magistrat, qui le fit clôturer jusqu'à la Restauration ; le corps de Marie-Antoinette sera exhumé le 18-1-1815 et celui de Louis XVI le 19 ; ils seront mis en bière le 20 et transportés le 21 à St-Denis. A l'endroit où les corps avaient été ensevelis, Louis XVIII fit élever (de 1816 à 1826) la chapelle St-Louis, dite expiatoire. Quand l'église de la Madeleine fut reconstruite en 1862, le cimétière attenant fut transféré à 300 m, au couvent des bénédictines de la Ville-l'Évêque (il abritait les corps des Suisses massacrés le 10-8-1792 et les guillotinés place de la Révolution ; Charlotte Corday, Madame Élisabeth, Philippe Égalité, Madame du Barry, etc.).

 

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